Les spécialistes de la formation hybride, qui se sont intéressés aux postures d’accompagnement des enseignants en situations traditionnelles et à leurs effets sur l’autonomie des étudiants indiquent qu’une posture directive permet certes de guider les étudiants mais ne favorise pas leur autonomie, à moins d’être moins directif à certains moments.

Stratégie de la formation hybride

Les formations universitaires s’appuient aujourd’hui sur des dispositifs articulant, à des degrés divers, des phases de formation en présence des intervenants et des phases de formation à distance, soutenues par des environnements numériques. Appelées formations hybrides, elles intègrent deux modalités de formation différentes caractérisée par le temps accordé dans chacune : une modalité  réalisée par des rencontres face-à-face avec l’enseignant et une modalité à distance synchrone ou asynchrone sur une plateforme d’enseignement et d’apprentissage à distance. L’articulation de ces deux modalités nécessite des travaux de médiation et de médiatisation, des connaissances de la part des enseignants qui ne seraient pas les mêmes lorsqu’ils conçoivent des formations traditionnelles ou entièrement à distance. Ces formations hybrides se réclament de démarches plus ou moins ouvertes qui placent les apprenants au centre de leurs préoccupations et qui favorisent leur autonomie.

 Résultat auprès des étudiants

Il était demandé aux apprenants de répondre à un questionnaire, en fin de formation, pour mesurer leur sentiment d’autonomie et mesurer leur niveau de confiance sur leur propre savoir-être autonome. Le score moyen pour le sentiment d’autonomie est de 13,6 sur 18, ce qui atteste d’une perception plutôt positive. Les réponses aux questions ouvertes laissent penser que les cours « guidés » où les enseignants sont directifs, favorisent effectivement l’autonomisation. Un quart des apprenants ont précisé que la posture directive les rassurait pour travailler en autonomie dans la réalisation des tâches. Ainsi, les apprenants expriment le besoin d’une posture directive de la part de l’enseignant pour développer leur autonomie. Indirectement, ils ont confirmé la perception des enseignants sur leur profil, à savoir des néo-bacheliers non-autonomes.

Posture d’accompagnement directive

Les formations hybrides se réclament, de démarches favorisant, l’autonomie des apprenants. Les modalités d’articulation des phases assistées et à distance, la configuration et le degré d’ouverture du dispositif sont de éléments  pouvant faciliter le développement de l’autonomie. Toutefois, la succession des postures d’accompagnement, la scénarisation de la formation, et les outils numériques sont  importants pour le développement de l’autonomie. La posture d’accompagnement la plus fréquente est directive, mais que les enseignants ont aussi exercé la posture non-directive.